Retour au Chili, retour à la pluie. Fatigue de ce gris, de cette humidité. Nous arrivons à rester sec, mais à l’intérieur nous commençons à prendre l’eau. Fuites de toute part. Mais quelle idée de voyager à vélo ! Quelle idée d’être ici, là , maintenant ! Heureusement, Célestin et Leïla gardent le morale pour quatre, s’émerveillent du plus grand toboggan du monde, adorent l’atelier pain avec Liliarosa (et sont ravis de l’absence de douches!), se dessinent des ordinateurs tout inclus : météo, GPS, bibliothèque numérique, films, envois de message, boutique pour commander des vêtements et de la nourriture, cartes et même appel vidéo pour discuter entre eux !

Nous traversons des paysages de cartes postales, entre lacs et volcans. Les affiches sont là pour nous le rappeler, car des courbes parfaites du volcan Osorno, nous ne verrons que les pieds.

Puerto Varas. Il pleut. Soleil. Arc-en-ciel. Trombes d’eau. Très bonne boulangerie. S’attacher aux petits riens qui font tout. Retrouvaille avec Simon et Ronya. Célestin est heureux. Revoir les gens que nous croisons sur la route, savoir où ils sont, deviennent des repères importants. En plus « c’est bien pour les adultes de retrouver des copains avec qui discuter ! »

Puerto Montt. Il pleut. Soleil. Arc-en-ciel. Trombes d’eau. Le plus grand des parcs pour enfants encore jamais vu ! Prendre le temps de ces grands tout, qui parsèment le voyage de petits bonheurs.

Petit tour au port de pêche. Quelques lions de mer font les poubelles au milieu des restaurants. Les mâles se jettent dans les containers, tandis que les femelles préfèrent, elles, rester à l’eau…

Puerto Montt. Point de départ pour des mini-vacances sans vélo. « Petite croisière » de trois jours à  travers les canaux de Patagonie pour rejoindre Puerto Natales à quelques 2.000 kilomètres plus au sud. Nous rencontrons nos compagnons de route pour les jours à venir. Des voyageurs venus d’un peu partout, mais surtout pas mal de francophones. Les enfants sont contents de pouvoir échanger facilement. Nous mettons plus de deux heures à lever l’ancre. Drôles de cris au sous-sol du bateau… Nous nous demandons combien de doigts, le marin chargé de la manœuvre, a perdu… La réponse est rassurante (ou pas…), l’ancre est mal fichue et à chaque fois c’est la même galère au moment du départ. De quoi en perdre la voix !

De vraies vacances : pas de courses à faire, pas de repas à préparer, de vélos à entretenir. Il y a même des séances de yoga et la projection d’un documentaire sur les baleines ! Mais il y a surtout des paysages incroyables, entre continent et îles inhabitées. Plus nous descendons en latitude, plus la neige descend en altitude. Ce n’est pas pour nous rassurer, mais c’est beau vu du bateau ! Nous apercevons des souffles de baleines au loin, des dauphins de Patagonie viennent s’amuser sous l’étrave du bateau, des lions de mer glissent sur l’eau. Les enfants ne veulent plus descendre. Célestin se voit bien passer toute sa vie ici, sur le bateau, au milieu de ces paysages « si beaux ».

Arrivée magique à Puerto Natales. Le paysage s’ouvre sur la baie, les montagnes enneigées, un grand village coloré . Nous sentons la pampa toute proche. Et le soleil, le soleil !!! Mamamia, que c’est bon !!!

Dans la rue : « You are amazing guys !! » Une texane nous interpelle, à l’américaine, chaleureusement et sans retenue ! Les enfants la regardent complètement éberlués. Ni une, ni deux, ils se retrouvent avec une glace dans la main ! Célestin : « Alors ça alors ! T’arrives, y’a une femme qui te saute dessus les bras grands ouverts. Elle te dit que tu es son rêve. Elle t’invite à manger une glace. Elle paye. Tu choisis ton parfum et hop elle a disparu ! Quand est-ce qu’on va aux États-Unis ?!? »